
The Last Poem (Le Dernier Poème)
I dreamed of you
so intensely so,
so walked so, so talked so,
I’ve loved your shadow so,
so, nothing now
of you
remains so in
my memory;;;
All that’s left for me
is to be
a shadow among shadows,
a hundred times more
shadow than the shadow itself,
the shadow that will come
and return
in your sunny life.
///
J’ai rêvé tellement fort de toi,
J’ai tellement marché, tellement parlé,
Tellement aimé ton ombre,
Qu’il ne me reste plus rien de toi.
Il me reste d’être l’ombre parmi les ombres,
D’être cent fois plus ombre que l’ombre,
D’être l’ombre qui viendra et reviendra
Dans ta vie ensoleillée.

one day it was night (Un jour qu’il faisait nuit)
he flew to the bottom of the river
- ebony stones
- golden wire
- the branchless cross
- nothing, everything, nothing.
I only hate with love, like everyone else
the dead man inhaled great breaths of emptiness,
the compass, drawing squares and triangles with five sides
after, and down, to the attic
midday stars bright
the hunter returns
bag full
of fish
for
the Seine
an earthworm marking the center of the circle on
the circumference
in silence my eyes weren’t quite
we, we, and a crowd pressing together on the deserted path
the walking rested us
and we had the courage to sit
upon waking our eyes closed
and dawn emptied the night on us
it dried
us
///
Il s’envola au fond de la rivière.
Les pierres en bois d’ébèce les fils de fer en or
et la croix sans branche.
Tout rien.
Je la hais d’amour comme tout un chacun.
Le mort respirait de grandes bouffées de vide.
Le compas traçait des carrés et des triangles à cinq côtés.
Après cela il descendit au grenier.
Les étoiles de midi resplendissaient.
Le chasseur revenait carnassière pleine de poissons
sur la rive au milieu de la Seine.
Un ver de terre marque le centre du cercle sur la circonférence.
En silence mes yeux prononcèrent un bruyant discours.
Alors nous avancions dans une allée déserte où se pressait la foule,
Quand la marche nous eut bien reposé
nous eûmes le courage de nous asseoir
puis au réveil nos yeux se fermèrent
et l’aube versa sur nous les réservoirs de la
nuit.
La pluie nous sécha.

Under Cover of the Night (A la faveur de la nuit)
If only I could slip into your shadow under cover of night-
to follow your steps, your shadow at the window.
That shadow at the window is you, not someone else, only you.
Don’t open that window, continue to move behind its curtains.
Close your eyes.
I want to close them with my lips.
But the window opens and the wind, the wind that strangely moves the flame and the flag, devours my escape in its cloak.
The window opens: it’s not you.
I knew it well.
///
Se glisser dans ton ombre à la faveur de la nuit.
Suivre tes pas, ton ombre à la fenêtre.
Cette ombre à la fenêtre c’est toi, ce n’est pas une autre, c’est toi.
N’ouvre pas cette fenêtre derrière les rideaux de laquelle tu bouges.
Ferme les yeux.
Je voudrais les fermer avec mes lèvres.
Mais la fenêtre s’ouvre et le vent, le vent qui balance bizarrement la flamme et le drapeau entoure ma fuite de son manteau.
La fenêtre s’ouvre : ce n´est pas toi.
Je le savais bien.
Translated from the French by Kristopher Biernat.

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